
Peu de personnes arrivent à distinguer clairement l'autorité du pouvoir et inversement. C'est souvent la confusion qui règne dans les esprits. Regardons ce que l'Eglise et le droit français nous enseignent.
On appelle « autorité », dans l’Agenda Social, la qualité en vertu de laquelle des personnes ou des institutions donnent des lois et des ordres à des hommes, et attendent une obéissance de leur part. Toute communauté humaine a besoin d'une autorité qui la régisse. Celle-ci trouve son fondement dans la nature humaine. Elle est nécessaire à l'unité de la Cité. Son rôle consiste à assurer autant que possible le bien commun de la société. L'autorité exigée par l'ordre moral émane de Dieu : « Que toute homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n'y a pas d'autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par Lui. Ainsi, celui qui s'oppose à l'autorité se rebelle contre l'ordre voulu par Dieu, et les rebelles attireront la condamnation sur eux-mêmes » (Rm 13).
L'enseignement de Saint-Paul distingue ces deux notions tout en les reliant, le pouvoir étant un service vis-à-vis d’une communauté ou d’une collectivité et l'autorité un moyen pour l'exercer. Ce lien donne un caractère sacré et une exigence à l'exercice du pouvoir dans la mesure où toute autorité vient de Dieu. Il s'agit là de « l'autorité servante ». L'autorité est reçue, personnellement, de façon inégale (par l'éducation et la culture) et surnaturellement à proportion de notre mission (par le don du Seigneur).
Dans le Lexique des termes juridiques, aux Editions Dalloz, le pouvoir est une prérogative permettant à une personne de gouverner une autre personne publique ou privée (mandat politique, autorité parentale, tutelle...) ou de gérer les biens d'une autre personne pour le compte de celle-ci (dirigeants de sociétés, représentation légale, judiciaire ou contractuelle).
On voit bien ici que le pouvoir est une prérogative qui n'a pas nécessairement de légitimité mais qui repose assurément sur une règle commune ou une tyrannie. On retrouve derrière cette double acception de la définition du pouvoir l’idée du management et de la gestion du bien commun.
« C'est pour le mérite de sa vie et la sagesse de sa doctrine que sera choisi celui qui doit être nommé (abbé), même s'il est le dernier par son rang dans la communauté» (Règle de Saint Benoît).
2 commentaires:
Très philo ton blog Edouard ! Autorité/pouvoir, ça commence très fort... C'est une distinction qu'on trouve bien établie chez Hannah Arendt dans "La crise de la culture". Une bonne référence, notamment sur l'éducation.
Bon blog !
Nicomaque
http://nicomaque.blogspot.com
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Nicomaque
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