22 novembre 2005

La solidarité c'est bien, en abuser ça craint...


Quand on travaille au coeur de l'action sociale, on a quelques idées sur les priorités de notre système de solidarité nationale…

À l’heure où les comptes sociaux sont dans le rouge. Ne faudrait-il pas revoir les modes d'attribution pour qu'on passe du tout à tout le monde au mieux à ceux qui en ont le plus besoin ? Mais cela n'empêche pas l'attention que l'on doit porter à chacun, car les besoins ne sont pas toujours ceux que l'on pense et qu'une situation de dépendance ou de précarité peut intervenir n'importe quand et toucher n'importe qui. C'est un peu l'écologie de la solidarité qui fait défaut dans nos systèmes d'attribution. La solidarité, dit l'Agenda social, est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun, c'est-à-dire pour le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous. Les moyens ne sont pas que financiers ou matérielles...

La solidarité bien comprise ne peut faire l'économie de la responsabilité et de l'éducation. Dans un esprit de solidarité et avec les moyens du dialogue, nous apprendrons :
· le respect de toute personne humaine;
· le respect des valeurs authentiques et des cultures chez les autres;
· le respect de l'autonomie légitime et de l'autodétermination des autres;
nous apprendrons:
· à regarder au-delà de nous-mêmes, afin de comprendre et de soutenir ce qui est bon chez les autres;
· à engager nos propres ressources dans la solidarité sociale en faveur du développement et de la croissance fondés sur l'équité et la justice;
· à établir les structures qui permettront à la solidarité sociale et au dialogue de devenir des caractéristiques permanentes du monde où nous vivons.

Que chacun prenne sa place dans cette société si souvent décriée et qui se cache derrière des solidarités de façade. Christine Boutin, fondatrice de l'Alliance pour les droits de la vie, ne disait-elle pas « la vraie justice protège les plus faibles ». Les deshérités bien sur, mais aussi et surtout toutes ces personnes qui, de la conception à la fin de vie, font l'objet, aujourd'hui et depuis longtemps, de la culture de mort. En matière économique, cette responsabilité est partagée par tous, ceux qui ont plus de poids, (…), devraient se sentir responsables des plus faibles et être prêts à partager avec eux ce qu'ils possèdent. De leur côté, les plus faibles, dans la même ligne de la solidarité, (…), faire ce qui leur revient pour le bien de tous. Les groupes intermédiaires, à leur tour, ne devraient pas insister avec égoïsme sur leurs intérêts particuliers, mais respecter les intérêts des autres.

Ainsi, le principe de solidarité,(…), la valeur dans l'ordre interne de chaque nation comme dans l'ordre international, apparaît comme l'un des principes fondamentaux de la conception chrétienne de l'organisation politique et sociale. (…) Paul VI, élargissant le concept en fonction des multiples dimensions modernes de la question sociale, parlait de "civilisation de l'amour". La solidarité nous aide à voir l' "autre"-personne, peuple ou nation- non comme un instrument quelconque (…), mais comme notre "semblable", une "aide" (cf. Gn 2, 18-20), que l'on doit faire participer, à parité avec nous, au banquet de la vie auquel tous les hommes sont également invités par Dieu.

Concrètement, faisons des efforts pour ne pas réclamer des remboursements systématiques ou des droits excessifs sans tenir compte des devoirs que nous imposent l'accueil des blessés de la vie : la personne handicapée, la personne âgée dépendante, l'enfant à naître, le malade du sida en fin de vie... Ce discours, qui n'en est pas un, cherche simplement à questionner notre solidarité individuelle et collective. Pourquoi un tel déploiement d'argent et finalement peu de considération pour les plus fragiles ???

15 novembre 2005

La faillite des modèles français


Les événements vécus dans nos cités radieuses et incandescentes mettent en lumière la faillite des modèles français. On peut tourner le problème dans tous les sens, il n'y a pas de solution durable sans une réforme profonde de l'Etat et une refonte du pacte national. Il faudrait passer de la "République" idéologique, autiste et renfermée à la république (sans majuscule) du contrat social. Parmi les signes du déclin français, la fin du « modèle social » et du « modèle d'intégration » sont les indicateurs évidants de la dislocation progressive de l'Etat. On pourrait ajouter à cela les transferts de pouvoirs vers Bruxelles.

C'est bien l'État qui est en charge de la gestion du bien commun. Mais force est de constater qu'il a bien du mal à préserver l'unité nationale et le développement de ses atouts : la famille, l'entreprise, le patrimoine, la langue, le génie français... Les politiques des dernières décennies qui ont permis, sans discernement, l'entrée et la régularisation de nombreuses populations venue de l'Afrique et du Maghreb interdisent désormais toute politique d'assimilation efficace. Nous en faisons, ces jours ci, l'amère expérience avec un sentiment d'avoir pourtant beaucoup donné (avec une rélle générosité...).

Il est évident que la France n'est plus attractive économiquement. Les immigrés de Sangatte le savent bien quand ils s’engagent dans la traversée périlleuse du Channel. Pour autant notre système social est toujours apprécié parce qu'il redistribue indistinctement ou presque l'argent de la solidarité. Non seulement nous n'attirons plus les travailleurs étrangers soucieux de réussir mais, par un appel d'air permanent, nous faisons venir "toute la misère du monde". Cette attitude irresponsable est installée dans notre pays avec la complicité de nombreuses associations (chrétiennes ou non) qui entretiennent des réseaux de migrants. Que de désillusions et de souffrances...

Cette immigration qui n'a pas été maîtrisée au nom de principes dégoulinant de bons sentiments nous met face à une socièté multiculturelle ingérable. Le gouvernement tente aujourd'hui, au nom de principes tout aussi dégoulinants, de trouver des réponses citoyennes (sic) à des problèmes d'emploi et de sécurité. On a hâte de voir les résultats...

06 novembre 2005

Panique dans les faubourgs : les causes...


Lu dans www.lemonde.fr de ce jour : "1295 véhicules ont été incendiés et 312 personnes interpellées en France dans la nuit de samedi à dimanche, soit le bilan le plus lourd depuis le début des émeutes dans les banlieues il y a 10 jours, selon le bilan définitif de la direction générale de la police nationale. Le bilan de la nuit précédente faisait lui état de 897 véhicules incendiés et de 253 interpellations. En province, 554 véhicules ont été brûlés, soit plus du double de la nuit précédente, qui, avec 241 incendies, marquait la propagation des violences au-delà de l'Ile-de-France. Les départements les plus touchées ont été le Nord, l'Eure, l'Eure-et-Loir, la Haute-Garonne et la Loire-Atlantique".

Il semblerait que les industries automobiles aient favorisé ces émeutes pour relancer leurs ventes. Quand il faut officiellement chercher les raisons d'un problème (et que le discours de vérité n'est pas politiquement correct), autant aller j'usqu'au bout de la connerie humaine !!!

Certains préfèrent la version Russe : MOSCOU (AFP) - Le leader ultra-nationaliste russe Vladimir Jirinovski, coutumier de déclarations choquantes, a livré son interprétation des violences dans les banlieues parisiennes: il s'agit d'un complot des services spéciaux américains. A l'origine des événements qui secouent la France on trouve "un mélange explosif", composé du "désir des services spéciaux américains d'affaiblir l'Europe" et de "conditions favorables offertes aux immigrés", a-t-il dit sur la radio Echo de Moscou lundi. "J'estime qu'il s'agit d'une opération planifiée avec la participation des services spéciaux des Etats-Unis qui veulent mettre à genoux l'Europe devenue plus solide et en même temps détruire l'Union européenne", a encore asséné M. Jirinovski.

04 novembre 2005

Quelle Europe voulons-nous ?


J’apprends, dans le journal Ouest-France de ce jour, qu'un homme a été condamné à 22 ans de prison pour outrage à Atatürk : « On ne badine pas avec l'histoire en Turquie. Murat Jural, un homme d'une trentaine d'années, vient d'être condamné par un tribunal d'Ankara à 22 ans de prison ! Sa faute ? Avoir aspergé de peinture, à cinq reprises depuis le début de l'année, des bustes du président Atatürk, situés dans des cours d'écoles. Motif d'une si lourde peine : selon les juges, l'accusé n'a présenté aucun remords et pourrait recommencer ses actions contre la mémoire d'Atatürk (1881 - 1938), le fondateur de la Turquie moderne (sic), qui est protégée par une loi stricte. ». Il paraît que les prisons turques se sont améliorées...

Décidément, la Turquie n'a rien à voir avec l'Europe !!! Cela me donne envie de réagir sur ce que l 'on a coutume d'appeler la consruction européenne mais qui, en vérité, ressemble depuis ces dernières decennies à une vraie déconstruction de notre continent.

Depuis 1992, année du débat et du vote sur le Traité de Maastricht, la Communauté européenne (partie ouest de l'Europe) s'est progressivement transformée en un système économico-monétaro-technocratique. On a bien tenté depuis d'amalgamer quelques pays de l'ancien bloc soviétique mais le compte n'y est pas : vu de l'Atlantique, l’Oural est encore loin… On ne retrouve d'ailleurs plus grand chose du projet fondateur dans ce qu'il avait de spirituel et de culturel. Pour tous ceux qui considèrent l'Europe comme un projet et une civilisation avant d'être une fédération d'états orchestrés par une commission toute-puissante et irresponsable, cette dérive devient particulièrement inquiétante. Elle avance au rythme d’un empilement de traités qui sont ratifiés à marche forcée en ayant soin de culpabiliser tous ceux qui voudraient s'y opposer. Il y a ceux qui sont pour, les modernes, et ceux qui sont contre l'Europe. Il n’est pas autorisé à proposer une voie différente. Cette véritable idéologie a en plus l'avantage d'être particulièrement bien relayée dans les médias.

Rappelons qu'il n'y a encore pas si longtemps, des Français (et d’autres Européens) biens sous tous rapports ne juraient que par Fidel, Léonid et l'Oncle Hô. Les systèmes ont aujourd'hui remplacé les icônes mais les idéologies demeurent…

Fondamentalement, les Européens ne veulent pas de ce nouveau système. Ils le jugent, à travers les décisions de la Commission européenne, tatillon et procédurier donc particulièrement déconnecté de leur réalité. Mais comme ils n'ont pas l'air d'avoir compris le bien-fondé de la démarche imposée depuis pratiquement 20 ans, on remet sur la table les trois arguments jugés irréfutables : le gain de la paix, le contrepoids face aux États-Unis et les coopérations économiques réussies. Ainsi les réussites du passé ou supposées telles permettraient de justifier les errements du présent. Il faut bien reconnaître qu’avec ou sans (ce que certains appellent) l'Europe, Airbus ou Ariane se seraient développés puisque leur système de coopération multilatérale n'est pas le fruit de la technocratie bruxelloise mais d’une coopération librement consentie. Reconnaissons également que la paix générée par l'entente franco-allemande avec le Benelux a été une belle et bonne chose pour l’Europe. Les valeurs qui sous-tendaient cette réconciliation n’ont cependant plus rien à voir avec les derniers traités et la constitution morte née. En outre peut-on aujourd'hui dire que le système actuel garantisse cette paix si souvent invoquée ? A t’il été efficace lors des conflits autour de l’ex-Yougoslavie ? Faire contrepoids face aux États-Unis est un objectif souvent avancé par les eurobéats. Mais constituent-ils pour autant un projet pour l'Europe, alors même que des liens profonds unissent une partie de nos voisins avec l'Oncle Sam ? On nous répondra que c'est en raison d'un manque d'Europe que la défense et la diplomatie communes n'ont pu avancer comme elles auraient dû.

Finalement de quelle Europe parlons-nous ou voulons-nous ? Un machin pseudo- économique basé sur une idéologie ou une réalité géographique déterminée par une civilisation judéo-chrétienne ? Même s’il était utile d’organiser cette coopération étroite entre des états européens souhaitant approfondir leurs relations, on constate aujourd’hui que le système s’enferme sur lui-même et donc ne progresse plus. Il serait sans doute plus intéressant de développer ce qui fait la singularité de l'Europe pour faire face à la globalisation :

Construire une charte européenne simple et réaliste qui définirait le projet européen en intégrant les valeurs communes basée sur sa civilisation et sa réalité géographique qui va de l’Atlantique à l’Oural : nous avons besoin de la Russie, de l’Ukraine, de la Roumanie et des autres pays d’Europe de l’Est pour respirer des nos deux poumons culturels et spirituels.

Définir des partenariats clairs avec les pays du Proche-Orient, dont fait partie la Turquie, et les pays du Magreb : nous y avons intérêt stratégiquement mais surtout pour promouvoir habilement et respectueusement des modèles de sociétés plus conformes à la dignité humaine.

Renforcer les coopérations industrielles et scientifiques et harmoniser les réglementations sociales et fiscales pour faire face aux économie des pays émergents : c'est le bon sens et en plus ça marche !

Au final, il nous faut une Communauté européenne facile à comprendre, respecteuse des états et des nations, ouverte sur le monde et fidèle à ce qu'elle est.