
Quand on travaille au coeur de l'action sociale, on a quelques idées sur les priorités de notre système de solidarité nationale…
À l’heure où les comptes sociaux sont dans le rouge. Ne faudrait-il pas revoir les modes d'attribution pour qu'on passe du tout à tout le monde au mieux à ceux qui en ont le plus besoin ? Mais cela n'empêche pas l'attention que l'on doit porter à chacun, car les besoins ne sont pas toujours ceux que l'on pense et qu'une situation de dépendance ou de précarité peut intervenir n'importe quand et toucher n'importe qui. C'est un peu l'écologie de la solidarité qui fait défaut dans nos systèmes d'attribution. La solidarité, dit l'Agenda social, est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun, c'est-à-dire pour le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous. Les moyens ne sont pas que financiers ou matérielles...
La solidarité bien comprise ne peut faire l'économie de la responsabilité et de l'éducation. Dans un esprit de solidarité et avec les moyens du dialogue, nous apprendrons :
· le respect de toute personne humaine;
· le respect des valeurs authentiques et des cultures chez les autres;
· le respect de l'autonomie légitime et de l'autodétermination des autres;
nous apprendrons:
· à regarder au-delà de nous-mêmes, afin de comprendre et de soutenir ce qui est bon chez les autres;
· à engager nos propres ressources dans la solidarité sociale en faveur du développement et de la croissance fondés sur l'équité et la justice;
· à établir les structures qui permettront à la solidarité sociale et au dialogue de devenir des caractéristiques permanentes du monde où nous vivons.
Que chacun prenne sa place dans cette société si souvent décriée et qui se cache derrière des solidarités de façade. Christine Boutin, fondatrice de l'Alliance pour les droits de la vie, ne disait-elle pas « la vraie justice protège les plus faibles ». Les deshérités bien sur, mais aussi et surtout toutes ces personnes qui, de la conception à la fin de vie, font l'objet, aujourd'hui et depuis longtemps, de la culture de mort. En matière économique, cette responsabilité est partagée par tous, ceux qui ont plus de poids, (…), devraient se sentir responsables des plus faibles et être prêts à partager avec eux ce qu'ils possèdent. De leur côté, les plus faibles, dans la même ligne de la solidarité, (…), faire ce qui leur revient pour le bien de tous. Les groupes intermédiaires, à leur tour, ne devraient pas insister avec égoïsme sur leurs intérêts particuliers, mais respecter les intérêts des autres.
Ainsi, le principe de solidarité,(…), la valeur dans l'ordre interne de chaque nation comme dans l'ordre international, apparaît comme l'un des principes fondamentaux de la conception chrétienne de l'organisation politique et sociale. (…) Paul VI, élargissant le concept en fonction des multiples dimensions modernes de la question sociale, parlait de "civilisation de l'amour". La solidarité nous aide à voir l' "autre"-personne, peuple ou nation- non comme un instrument quelconque (…), mais comme notre "semblable", une "aide" (cf. Gn 2, 18-20), que l'on doit faire participer, à parité avec nous, au banquet de la vie auquel tous les hommes sont également invités par Dieu.
Concrètement, faisons des efforts pour ne pas réclamer des remboursements systématiques ou des droits excessifs sans tenir compte des devoirs que nous imposent l'accueil des blessés de la vie : la personne handicapée, la personne âgée dépendante, l'enfant à naître, le malade du sida en fin de vie... Ce discours, qui n'en est pas un, cherche simplement à questionner notre solidarité individuelle et collective. Pourquoi un tel déploiement d'argent et finalement peu de considération pour les plus fragiles ???


