Mais, au fait, qui sommes-nous ? Nous sommes le génération nourrie par Jean-Paul II (et le Cardinal Ratzinger…). Celle qui a tellement reçu des communautés nouvelles, du renouveau charismatique, des paroisses atypiques et des monastères. Saint Jean, les Foyers de Charité, l’Emmanuel, Saint Martin, Solesmes, les Béatitudes et bien d'autres communautés qui, malgré des tensions humaines et spirituelles, ont recherché, à travers les richesses du concile, une fidélité au magistère, un éclairage nouveau sur la tradition et une nécessaire ouverture aux réalités de ce monde. Et c'est vrai que la génération Jean-Paul II se sent bien dans cette unité retrouvée et qu'elle n'est donc pas particulièrement motivée (ou choquée) par ce projet de réintroduction de l'ancien rite.
Pour autant, elle ne souhaite pas que l'on se trompe de combat. Parfois un peu trop docile mais toujours obéissante, cette génération a subi beaucoup d'outrages liturgiques. Nous avons eu le droit au pire : la messe dite sur le coin de la table de la cuisine du presbytère, les délires musicaux sur fond de synthé et de batterie, les messes pour les enfants (tout un programme...), les panneaux aux messages abrutissants et les étoles en grosse laine… Mais nous avons eu, un peu plus tard, le droit au meilleur : renouveau de l’adoration, de la confession et des pèlerinages, rassemblements autour du Saint Père, beauté de chants tirés des Psaumes et des Saints de notre temps, prêtres portant le col romain comme un signe d’humilité et d’appartenance. C’est, nous croyons, un vrai retour aux sources du Concile !!!
Nous considérons que ce projet de libéralisation de la messe dite de Saint Pie V peut constituer une étape utile pour dépasser le simple clivage liturgique et disposer les chrétiens à recevoir en plénitude la réforme liturgique. Mais chacun doit comprendre que le temps de l’unité a succédé à celui de la contestation. Et nous ne sommes pas loin de mettre dans le même panier tous ceux et celles, tradis ou progressistes, qui on si souvent cuisiné dans leur coin sans vraiment comprendre et appliquer la réforme liturgique. Cette si belle réforme introduite par la Constitution Conciliaire Sacrosanctum Concilium qui fut malheureusement si souvent déformée.
Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas particulièrement attachés au port de la soutane (quoique très souhaitable lors de la messe ou des offices...) et aux chasubles en forme de boîte à violon... Nous avons également un goût modéré pour les messes basses, les génuflexions répétées et le latin surabondant. Nous préférons la concélébration et la participation élargie des fidèles, mais nous apprécions aussi la messe tournée vers le Seigneur. Nous ne voulons plus de ces célébrations désacralisées qui, sous un prétexte humanitarogélatineux, ont si souvent eu cours dans nos paroisses depuis les années 70.

En définitif, nous ne voulons pas être les dindons de cette farce liturgique qui a privilégiée les positions contestatrices au détriment de tous ceux et celles qui désirent une application généreuse et fidèle de notre Concile Vatican II. Nous avons, nous aussi, confiance en Benoit XVI !!!
5 commentaires:
Cher Edouard, le débat est lancé, bravo ! Je suis d'accord avec toi sur l'essentiel, il faut passer de la contestation à l'unité et faire appliquer la réforme liturgique dans son intégralité. Mais quelque chose me frappe. Tu dis "nous", comme si tu t'identifiait à une sorte d'élite de l'Eglise, la génération JPII, les communautés etc. N'est-ce pas une forme de mépris pour tous ceux qui restent attachés à des formes plus anciennes de la liturgie ? Inconsciemment, tu te dis que ces gens là, il faut les tolérer par devoir, mais s'ils n'existaient pas, on s'en porterait bien mieux. Je crois pour ma part qu'il n'y a pas d'unité sans pluralité. Et que ce n'est pas en mettant tout le monde derrrière sa bannière qu'on fait avancer l'unité.
Pendant 20 ou 30 ans, ceux qui voulaient garder un peu de sacré dans la liturgie sont allé puiser dans la tradition orthodoxe ou dans la tradition réformée(charismatiques). D'autres sont allé puiser directement dans la tradition romaine, et nous ont permis de mieux la connaître et de la sauvegarder de l'oubli. Ils ont droit à une forme de reconnaissance et non pas à cette pseudo-tolérance concédée par obligation, parce qu'on a pas le choix. L'unité passe aussi par là.
A toi...
Nicomaque,
Il ne me semble pas être dans un positionnement élitiste même si je suis obligé de reconnaître la prééminence du Missel de 1969 sur celui de 1962. Mais le débat n'est pas là ! Il s'agit de protester contre ceux qui n'ont pas voulu, d'une manière ou d'une autre, appliquer la réforme liturgique et les renvoyer dos à dos.
Merci pour ta contribution.
Je crois que personne ne refuse d'appliquer la réforme liturgique. Le problème est beaucoup plus profond. Pour pouvoir l'appliquer, encore faut-il avoir une formation théologique solide, une connaissance de la tradition bi-millénaire de l'Eglise. Or la transmission de ce savoir et de ce patrimoine ne se fait plus ou presque plus.
Par ailleurs, l'interdiction de célébrer dans le rite saint Pie V a été la cause profonde de la rupture avec Mgr Lefebre. Il n'était pas contre la réforme mais contre l'interdiction prononcée par Paul VI de célébrer dans un autre rite que le sien.
Ce n'est pas la réforme qui pose problème en elle-même, c'est l'intolérance d'une part et l'ignorance d'autre part. Pour ce qui est de l'intolérance, elle sera bientôt réparée par le motu proprio que nous prépare Benoît 16. Pour ce qui est de l'ignorance, on est pas sortis de l'auberge espagnole...
En fait, je n'accepte pas que tu mettes dans le même sac traditionalistes et progressistes. Je trouve que c'est très injuste. Les traditionalistes sont attachés à Rome et ils réclament une juste interprétation du Concile, conforme à la tradition. Qu'ils réclament aussi le droit de célébrer dans un autre rite n'a rien qui doive nous choquer. Là encore, l'unité n'exclut pas la pluralité. Il y a bien des rites orientaux. Or que je sache, les orientaux ne sont pas moins papistes que toi et moi...
Amicalement
NICOMAQUE
Viva Edouardo ,pouquoi pa notre futur Pape, president avec toutes ces réformes, pourquoi pas . Ton saint Père.
Il semble que le droit canonique ne permette pas encore de telles nominations...
L'urgence n'est pas à la réforme mais à l'application de cette dernière !!!
Merci et salutations filiales
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